
Il convient tout d’abord de définir ce qu’est un pigment. Selon la définition du dictionnaire, il s’agit d’« une substance, généralement en poudre fine, insoluble dans les milieux de suspension usuels, utilisée en peinture en raison de ses propriétés optiques, protectrices ou décoratives. (On distingue les pigments métalliques, minéraux, organiques et organométalliques) ».
Lorsqu’on parle de pigments naturels en peinture, on fait référence à des pigments qui ne sont pas issus de l’industrie pétrochimique. Ainsi, les ocres, les argiles et autres minéraux entrent dans cette catégorie. Cependant, ce ne sont pas ces pigments-là qui nous intéressent ici. Concentrons-nous plutôt sur les pigments organiques naturels dérivés de sources végétales, animales ou issues d’insectes.
Pour obtenir ces pigments naturels, une transformation chimique est nécessaire. Quelqu’un m’a demandé dans les commentaires s’il était possible d’obtenir de la peinture simplement en broyant une plante finement et en la mélangeant à un liant. J’ai moi-même testé cette méthode avec du curcuma lorsque j’ai commencé à fabriquer mes propres pigments, mais le résultat s’est avéré non concluant.
La raison est simple : les plantes contiennent des colorants solubles, qui ne se comportent pas comme des pigments. Un pigment, par définition, doit être insoluble dans le milieu où il est utilisé (eau, huile, etc.). Si on broie une plante et qu’on la mélange directement à un liant, le colorant risque de se dissoudre, de migrer ou de s’estomper rapidement, ce qui rend la peinture instable et peu durable.
Pour transformer un colorant végétal en pigment utilisable en peinture, il faut fixer le colorant sur un support minéral pour le rendre insoluble. C’est ce qu’on appelle la création d’un pigment laqué. Sans cette étape, le résultat reste souvent décevant.
Aussi appelés pigments-laques, ces pigments organiques sont obtenus par la précipitation d’un colorant d’origine végétale ou animale sur un support minéral. Cette réaction se fait généralement en présence d’un sel métallique, comme l’alun (sulfate d’aluminium et de potassium). Le terme « lacque » dérive de l’italien lacca, qui désigne à la fois la gomme-laque et la source du colorant carmin.
Les pigments laqués figurent parmi les plus anciens pigments organiques connus. Depuis l’Antiquité, des colorants naturels ont été précipités sur des substrats minéraux pour créer des pigments plus stables et adaptés à la peinture. Cette technique a permis d’améliorer la durabilité et l’intensité des couleurs.
Cependant, les pigments laqués souffrent souvent d’une mauvaise réputation. Bien qu’ils offrent des couleurs éclatantes et transparentes, certains d’entre eux sont connus pour leur fugacité, c’est-à-dire leur tendance à s’estomper sous l’effet de la lumière. Les peintres de l’Antiquité étaient conscients de ce problème, mais ils utilisaient ces pigments pour raviver des couleurs minérales plus ternes, mais permanentes. Ils avaient compris que si la couleur laque pouvait disparaître avec le temps, la couleur minérale, elle, restait inaltérable.
L’intérêt des pigments laqués peut sembler limité en raison de leur potentielle instabilité, mais il est important de nuancer ce point. En effet, de nombreux pigments laqués présentent une résistance aux intempéries tout à fait honorable. Parmi les exemples notables, on peut citer ceux extraits de l’indigo, de la garance, du kermès, de la cochenille, de la gaude, de l’isatis tinctoria, du carthame, de la sarriette, du genêt, du châtaignier, du chêne et du noyer. Ces pigments ont démontré leur utilité et leur durabilité dans de nombreuses applications artistiques et historiques.


Les colorants utilisés pour fabriquer des pigments laqués proviennent essentiellement de plantes, d’arbres, de racines ou d’insectes. Certains végétaux concentrent leurs colorants dans leurs feuilles, tandis que pour d’autres, ils se trouvent en plus grande quantité dans les racines. Il est donc nécessaire de mener des recherches préalables afin d’identifier quelle partie de chaque source contient la plus forte concentration de colorants.





Cette recette constitue une base pour débuter dans l’apprentissage de la fabrication de pigments-laqués. Elle vous permettra d’obtenir vos premiers pigments, mais comme de nombreuses variables entrent en jeu, il m’est impossible de fournir une recette parfaite adaptée à tous les colorants. Seule l’expérience vous permettra de créer des pigments correspondant exactement à vos besoins.
Le fait qu’un ingrédient soit naturel ne signifie pas nécessairement qu’il est sûr ou non toxique. Cette recette inclut de l’alun de potassium qui, bien que naturel, est sujet à controverse et il est important d’en être conscient. Par conséquent, il est recommandé d’utiliser des gants et un masque facial lors de l’extraction des pigments. Certaines plantes peuvent également être toxiques.
Il faut tenir en compte que la quantité de pigments peut-être aléatoire suivant l’origine des colorants.
N’utilisez pas d’ustensiles en fer dans cette recette (à moins que vous souhaitiez obtenir une teinte plus sombre).
Cette recette ne fonctionne pas avec l’indigo, la garance ou la gaude, qui nécessitent un autre procédé. Vous pouvez retrouver les recettes de la laque de gaude, la laque de garance et celle de l’indigo dans lesquelles je traite plus spécifiquement de ces végétaux.
Généralement, j’utilise environ 10 % d’alun et 3 % de carbonate (de calcium ou de sodium) par rapport au volume total de jus. Ce volume comprend le jus réservé (Partie 2 – Étape 1), ainsi que l’eau utilisée pour dissoudre l’alun, en tenant compte du fait qu’une partie de cette eau s’évapore lors du chauffage (Partie 2 – Étape 2).
Pour mieux comprendre, dans le cas précis de cette recette, je compte les 900 mL de jus réservé, auxquels j’ajoute les 200 mL d’eau destinés à dissoudre l’alun. En tenant compte du fait qu’une partie de cette eau va s’évaporer lors du chauffage (j’estime environ la moitié, soit 100 mL), il me reste donc environ 1 000 mL de jus, soit 1 L.
10 % d’alun pour 1 L = 100 g, et 3 % de carbonate de calcium pour 1 L = 30 g.
Ces proportions ne sont données qu’à titre indicatif. Il n’existe pas de quantité précise, car cela dépend de plusieurs facteurs : La quantité de colorants contenue dans le jus, la teinte souhaitée, l’opacité recherchée, ainsi que la nature spécifique de chaque plante qui réagit différemment (oui, je me répète, mais je préfère insister sur le fait qu’il n’existe pas de méthode universelle pour extraire les pigments).
Il est tout de même conseillé de limiter l’ajout d’alun à 20 %, car au-delà, il est peu probable que vous constatiez une véritable différence de couleur.
En ce qui concerne le blanc de Meudon, je vous recommande de faire attention : en trop grande quantité, vos pigments seront plus opaques mais auront un aspect plus pastel ; en petite quantité, ils seront plus vifs en couleur, mais aussi plus transparents.
Quoi qu’il en soit, je vous conseille de commencer par une petite quantité et d’ajuster progressivement si la teinte dans le bocal ne vous convient pas.
Un bon indicateur que j’ai remarqué pour connaître la couleur finale de vos pigments est d’observer la couleur de la mousse qui se forme lors de la réaction. Dans la plupart des cas (pas tous malheureusement), elle se rapproche de la teinte finale de vos pigments.
Pour vérifier si la réaction est terminée, il suffit de mesurer le pH de la solution, qui doit être neutre (pH 7).


Pour conserver les pigments




D'au moins 2 L



de préférence en silicone


Dans le cas des végétaux, tous les colorants ne sont pas obtenus à partir des mêmes parties de la plante, il est donc nécessaire de faire vos propres recherches ou expériences pour savoir quelle partie de votre plante contient la plus grande concentration de matière colorante.
Vous aurez compris que je peux difficilement vous indiquer des quantités exactes de feuilles, pétales, écorces, etc., à faire chauffer, car cela dépend beaucoup de chaque espèce que vous utiliserez. Il vaut mieux en mettre un peu plus que pas assez, surtout les premières fois, pour ne pas être déçu du résultat !
La méthode d’extraction des colorants varie selon la partie de la plante utilisée. En règle générale, je suis ces étapes:
Il est toujours préférable d’utiliser de l’eau déminéralisée.

Ensuite je vous conseille de faire passer le tout dans un grand bocal pour que la prochaine manipulation soit plus simple à réaliser (ce n’est pas obligatoire).

Une fois le liquide coloré obtenu, filtrez-le à travers un filtre en tissu (ou un chiffon propre) en le versant dans un nouveau grand bocal.
Le jus doit être parfaitement filtré et ne contenir que du liquide, sans aucun résidu solide. Si nécessaire, n’hésitez pas à le filtrer plusieurs fois.

Réservez 900 ml de jus.
Mélangez l’alun de potasse et 200 ml d’eau dans une casserole.
Chauffez lentement jusqu’à ce que l’alun de potasse soit complètement dissout.

Versez l’alun de potasse dilué dans le jus préalablement réservé et remuez.

Versez lentement le carbonate de calcium (ou cristaux de soude) dans la préparation précédente.

Remuez la préparation LENTEMENT avec un pinceau (ou un bâton fin), car une réaction chimique va se produire, formant une mousse dense. Bien que cela indique que la recette fonctionne, veillez à ne pas faire déborder le récipient, au risque de perdre des pigments.

Laissez reposer le mélange pendant 24 heures.
Un précipité va se former et se déposer au fond du récipient. Il s’agit des futurs pigments.

Pour gagner du temps sur l’étape suivante, versez le maximum d’eau colorée qui se situe au-dessus du précipité dans un autre bocal (ou n’importe quel autre récipient).
Prenez soin de ne pas verser le précipité qui s’est formé lors de l’étape précédente dans ce récipient.
Évitez de rejeter cette eau dans la nature. L’idéal est de la laisser s’évaporer naturellement. Sinon, vous pouvez aussi la réutiliser pour obtenir des pigments plus clairs en répétant cette recette.

Préparez un grand bocal avec un entonnoir et placez-y un filtre à café à l’intérieur. (1)
Versez tout le précipité présent dans l’autre bocal. (2)
Laissez filtrer 24 heures.
À l’intérieur du filtre le précipité forme une sorte de pâte, un peu comme dans un pot peinture.


Une fois la filtration terminée, remplissez la pissette d’eau très chaude et rincez soigneusement les bords du filtre à café afin de faire descendre les dépôts de pâte présents sur les parois. Cette étape permet d’éliminer les dernières impuretés restantes.
Répétez l’opération deux fois.
Laissez à nouveau filtrer.
Comme lors d’une des étapes précédentes, on peut laisser l’eau colorée filtrée dans le bocal s’évaporer naturellement ou la réutiliser pour fabriquer des pigments plus clairs.
Si vous n’avez pas de pissette, vous pouvez utiliser une bouteille en plastique en perçant un petit trou dans le bouchon. Remplissez-la d’eau, puis pressez-la : l’effet sera le même.

Étalez la pâte sur une assiette en céramique à l’aide de la spatule souple et laissez-la sécher complètement.
Cette étape peut prendre jusqu’à une semaine.
Il est possible d’accélérer le processus en faisant sécher les pigments au micro-ondes. Commencez par les chauffer pendant 3 minutes, puis répétez l’opération plusieurs fois en diminuant progressivement le temps de chauffe, en vérifiant à chaque fois que les pigments ne brûlent pas, jusqu’à ce qu’ils soient complètement secs.
Il est normal que la couleur s’éclaircisse en séchant. Lorsque les pigments seront mélangés à un liant, ils retrouveront leur teinte initiale.

Étalez bien sur toute l’assiette pour que le pigment sèche plus vite.

À l’aide de la spatule en métal, récupérez les pigments et mettez-les dans le bocal qui possède un couvercle.
Avant de refermer le bocal, assurez-vous que les pigments soient parfaitement secs afin d’éviter tout risque de moisissure.
Stockez le bocal dans un endroit sec, à l’abri de la lumière directe du soleil.
Et voilà ! Vos pigments sont prêts à être utilisés pour créer votre propre peinture.

Voici une vidéo dans laquelle je vous montre comment extraire les pigments des fanes de carotte


Durant l'année, j'organise divers stages et ateliers pour apprendre à fabriquer ses propres peintures.

J’ai rassemblé des sites et des livres dédiés à la fabrication de peintures, teintures, encres et autres matériaux artistiques.

Je mets en vente quelques-unes de mes créations.
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20 réponses
Bonjour et merci pour toutes vos fiches c’est une vraie mine d’or. J’aimerais faire le processus de fabrication de pigments avec mon petit bout de 3 ans. J’essaie au maximum d’utiliser des éléments non toxiques pour la manipulation. J’ai beau faire des essais, impossible de trouver une alternative à l’alun, savez vous si un autre procédé avec un autre ingrédient pour précipiter existe? Merci d’avance Alexia
Bonjour.
Merci pour votre message. Je suis très content que mes fiches vous soient utiles.
En ce qui concerne l’alun, je cherche également des alternatives à ce produit, et ce n’est pas chose simple. J’avais testé de le remplacer par du sel d’oseille, ça marche mais en revanche, les couleurs obtenues ne sont pas les mêmes qu’avec le sel d’alun. De plus, le sel d’oseille n’est pas non plus complètement inoffensif.
Il y a des pistes que j’ai découvertes dernièrement mais que je n’ai pas encore testées.
1. Il y aurait l’option d’utiliser des plantes riches en alumine naturellement, comme les symplocos. C’est une plante qui provient des forêts humides des régions tropicales à tempérées, elle est présente en Asie du Sud et de l’Est, mais également en Amérique du Sud (personnellement, ça me refroidit un peu de tester cette option à cause de l’impact environnemental, mais ce n’est que mon point de vue). On peut la trouver en boutique sur internet, c’est assez cher, mais si ça vous intéresse, je vous passe un lien : https://couleur-garance.com/boutique/droguerie/mordants/symplocos/.
2. J’ai vu un artiste qui utilisait de l’argile de rivière riche en aluminium. Là aussi, je pense qu’il faut faire des recherches pour savoir où trouver de l’argile assez riche en aluminium pour que cela fonctionne.
Sinon, vous pouvez aussi fabriquer des pigments d’indigo ! C’est une recette idéale à faire avec votre enfant car elle ne requiert pas d’alun et donne une couleur bleue que, personnellement, je trouve magnifique. J’ai mis la recette sur ce site.
En tout cas, voilà l’état de mes recherches actuelles. Dès que j’aurai trouvé une solution de remplacement à l’alun, je ferai un article sur ce site.
Je vous souhaite une bonne journée !
Bonjour, Merci pour votre site internet et tout le partage de connaissance !
C’est très généreux !
J’aimerais fabriquer De l’aquarelle et gouache, ou puis je acheter les produits type, alun, gomme arabique, blanc de meudon…
Merci et très bonne journée à vous
Bonjour,
Il est parfois possible de trouver ces produits dans des drogueries.
Le blanc de Meudon est très facile à se procurer. Vous le trouverez en supermarché, au rayon « entretien », ou en magasin de bricolage.
La gomme arabique, étant parfois utilisée en cuisine au Sénégal et en Afrique du Nord, peut parfois être disponible dans des épiceries spécialisées.
L’alun est sans doute le plus difficile à trouver sans passer par internet. S’il n’y en a pas dans une droguerie, je vous conseille de chercher en ligne.
Vous trouverez tous ces produits sur des sites tels que :
https://couleur-garance.com
https://www.ocres-de-france.com/fr
Je vous souhaite une très bonne journée et j’espère que ma réponse vous sera utile !
Bonjour, Merci pour votre réponse ! J’ai presque tout trouvé ! Pour l’alun j’ai utilisé de la pierre d’alun que j’ai broyé. Malheureusement tous les essais ont été des échecs… il n’y a pas eu de réaction chimique quand j’ai mis les cristaux de soude . J’ai essayé avec du raisin d’amerique que j’ai préparé, du jus d’aulnes et jus d’hibiscus qui me restaient d’anciennes cuisson… Je suis un peu dépitée… je vais essayer de trouver de l’alun en poudre et réessayer…
Très bonne fin de journée
Bonjour,
Effectivement, c’est étrange. Normalement, l’alun réagit au contact du carbonate de sodium (cristaux de soude) ou du carbonate de calcium (blanc de Meudon). Comme vous le dites, il est possible que cela provienne de la pierre d’alun, qui n’est pas pure. En tout cas, il ne faut pas se décourager. Si vous avez la possibilité de retenter l’expérience avec de l’alun de potasse (ou du sulfate d’aluminium), il n’y a pas de raison que cela ne fonctionne pas.
Bonne soirée
Bonjour, Merci pour vos encouragements ! Je vais essayer du coup avec du sulfate d’aluminium, plus facile à trouver. Je vous dirais si j’ai réussi.
Très bonne après-midi à vous.
bonjour,
un grand merci à vous pour toutes ces fiches, je me suis récemment intéressée à la fabrication d’aquarelles végétales je trouve cela passionnant mais finalement il n’y a pas énormément de ressources (ou alors je ne trouva pas!!). En tous cas en combinant votre rectte de pigment et celle de l’aquarelle cela fonctionne très bien. J’ai également regardé pas mal de ressources liées à la teinture et souvent j’ai noté qu’ils arrivent à obtenir d’autres coloris en ajoutant du bicarbonate, du citron, du fer… Pensez-vous que cela puisse fonctionner également pour le pigment (sachant que l’on ajoute l’alun pour fixer)? j’ai fait un petit test qui me semble mitigé…
bonne journée
orélie
Bonjour Orélie,
Bienvenue dans le monde des couleurs végétales ! Je suis content que mes fiches vous aient été utiles pour créer vos aquarelles avec des pigments naturels.
Il est tout à fait possible de modifier les couleurs des pigments en utilisant divers ingrédients. Vous pouvez ajouter un peu de fer, de citron, etc., dans votre colorant avec l’alun. Il faut faire des expériences pour ajuster les quantités, car tout dépend des végétaux et des couleurs souhaitées. Le fer assombrit les couleurs, mais il a l’avantage de les rendre plus résistantes aux UV. L’acide citrique peut également faire changer certaines couleurs, ce qui est particulièrement visible avec celles obtenues à partir d’hibiscus ou de vigne vierge, par exemple.
Si vous cherchez à vous passer de l’alun, il est possible d’obtenir des pigments en le remplaçant par du sel d’oseille (acide oxalique), que l’on trouve dans les grandes surfaces au rayon ménager. Ce dernier permet de précipiter les pigments et d’obtenir des teintes différentes de celles obtenues avec l’alun. Cependant, le sel d’oseille est corrosif, et il vaut mieux éviter de le rejeter dans l’évier.
Je cherche encore d’autres ingrédients qui me permettraient d’obtenir des pigments sans alun, mais je n’ai pas encore trouvé l’ingrédient magique.
J’espère que ces explications vous seront utiles !
Bonne journée.
Bonjour, je vous avais écrit en octobre, j’ai réussi à extraire du pigment du raisin d’amerique et de prunes sauvages! J ai utilisé de la poudre d’alun et du blanc de meudon, je crois que c’est le dernier ingrédient qui a vraiment fait la différence !
J’ai réussi à fabriquer mes aquarelles , mais je dois améliorer la texture ! Je voulais vous tenir au courant car vous m’avez partagé de bon conseils ! Très bonne soirée à vous
Bonjour et merci de m’avoir tenu informé de vos avancées ! Je suis content que vous ayez réussi à extraire du pigment du raisin d’Amérique et des prunes sauvages. Avec un peu de pratique, vous allez maîtriser rapidement la fabrication de l’aquarelle.
Si je peux vous donner un conseil, ce serait d’avoir un carnet dans lequel vous pouvez noter les réactions des pigments avec les différents ingrédients, garder une trace de l’évolution de vos couleurs, etc. Personnellement, cela m’a beaucoup aidé à progresser.
Très bonne soirée à vous aussi
Oui, j’essaye de noter un maximum, et je me rends compte après coup qu’il manque toujours des infos! Est ce que vous avez essayé le mélange pigment et huile ? L’aquarelle c’est très sympa mais j’aime beaucoup travailler à la peinture a l huile ! Je vais tester!
Honnêtement, je ne suis pas du tout un expert en peinture à l’huile. J’ai fait quelques tests vite fait avec de l’huile de lin, mais je ne pourrai pas donner de conseils à ce sujet. Par contre, je serai intéressé pour connaître le résultat de vos futurs essais !
Bonjour, waouh merci pour ces partages ! Herboriste entre autres, je me suis mise aux impressions végétales il y a 2 ans. J’ai fait quelques préparations alimentaires avec les violettes ces 2 dernières semaines et j’ai obtenu par hasard un joli nuancier, ce qui m’a fait m’intéresser à l’aquarelle.. J’ai hâte maintenant de tester cela aussi et grâce à vos recettes hyper précises je sens que ça va être mon nouveau hobby estival !
Bonjour, je suis ravi que mes recettes puissent vous accompagner dans cette nouvelle aventure estivale. Vous allez voir l’expérience de fabriquer ses propres encres et pigments est très enrichissante, presque magique. Je vous souhaite de bonnes expérimentations.
Bonjour,
Un grand merci pour votre partage! Votre site est une super pépite ! Je fabrique depuis un moment aquarelles et mes pigments et j’aurai voulu profiter des cueillette estivales pour préparer une plus grosse quantité de pigments.
Le dosage de l’alun et du blanc de Meudon ne change pas quelque soit le volume de liquide ? Et savez vous quelle incidence cela peut avoir d’augmenter la proportion de blanc de Meudon? Cela donne t’il un colorant plus
clair ?
En vous remerciant
Bonjour,
Merci beaucoup pour votre message, je suis ravi que le site vous plaise et qu’il puisse vous être utile dans vos expérimentations !
Pour répondre à votre question :
Les proportions d’alun et de blanc de Meudon que je propose peuvent effectivement être ajustées. Les dosages indiqués permettent d’obtenir des pigments avec la plupart des plantes, mais chacun peut bien sûr adapter la recette selon ses essais, ses préférences et le volume de liquide.
Certaines personnes utilisent jusqu’à 12 % d’alun (j’ai même vu des recettes allant jusqu’à 20 %). Cela peut, avec certaines plantes, permettre d’obtenir des couleurs plus vives. Cela dit, au-delà d’un certain seuil, augmenter la quantité d’alun ne produit plus vraiment de différence. Personnellement, je préfère en mettre un peu moins, quitte à en rajouter ensuite au moment du décantage, si je trouve que la couleur manque d’intensité.
En ce qui concerne le blanc de Meudon, il faut en effet être plus prudent. En en ajoutant trop, la couleur devient rapidement pastel, voire très claire. Vous pouvez également essayer d’utiliser des cristaux de soude, qui donnent parfois une teinte plus vive aux pigments. Il est aussi possible d’utiliser de la lessive de cendre, qui offrira encore une autre nuance (j’en reparlerai dans une autre recette).
Bref, la recette que je propose sert de base, mais si vous avez l’occasion de faire vos propres essais en modifiant les proportions, vous découvrirez certainement des résultats intéressants.
P.S. : Grâce à votre message, j’en ai profité pour relire la recette que je n’avais pas mise à jour depuis un moment et j’ai réajusté quelques proportions et ajouté quelques précisions !
Bonne soirée !
Tout d’abord un grand merci pour tous ces partage !
Je travaille sur des projets de transmission de savoir-faire oubliés et la fabrication peinture en est un !
J’ai fait pas mal de tentatives et le heurte à une difficulté pour obtenir un vert assez profond.
Je tente avec des espèces locales (herbe, lierre, feuilles…) mais n’obtient bien souvent qu’une couleur tirant sur le jaune.
Je me demande si le vert issu de la chlorophylle n’est pas extrêmement fragile, notamment face à la température.
Avez- vous des conseils pour obtenir du vert?
Hormis mélanger du bleu (que je nai pas encore créé dû a la rareté de plantes tonctoriales locales donnant du bleu) et du jaune
Un grand merci pour votre aide eu pour la transmission de vos connaissances
Bonjour Julien,
Je suis très heureux que les recettes que je partage puissent vous servir.
Obtenir un vert profond sans utiliser de bleu risque d’être assez compliqué.
La chlorophylle est plutôt fragile et a tendance à ne pas vraiment bien tenir dans le temps. Alors c’est vrai qu’il existe des méthodes pour faire durer les couleurs fragiles plus longtemps (j’en parlerai prochainement dans un nouveau post sur le site) mais il vaut toujours mieux les protéger de la lumière.
Pour ma part, pour obtenir du verts, j’utilise le bleu indigo, que j’obtiens à partir des feuilles de la persicaire, que l’on peut faire pousser en France, et que je mélange ensuite avec du jaune (celui obtenu avec de la gaude en général).
Mais dans votre cas, sans utiliser de bleu, voici ce que je ferais :
1. D’abord, obtenir des pigments verts à partir de fougères, d’orties ou de fanes de carottes.
2. Ensuite, fabriquer des pigments jaunes (c’est beaucoup plus simple que le vert), avec du genêt, mais aussi du millepertuis ou du curcuma.
3. Puis, mélanger les pigments verts obtenus avec un peu d’eau (pour connaître la couleur exacte une fois mouillée), et ajouter le jaune petit à petit jusqu’à obtenir un beau vert (toujours travailler avec les pigments mouillés).
4. Enfin, diluer un peu d’eau et de sulfate de fer, puis ajouter cette solution goutte à goutte dans le mélange de pigments, tout en remuant avec une spatule, jusqu’à obtenir la teinte recherchée.
Je préviens que je n’ai pas testé cette méthode, donc je ne peux pas vous assurer à 100 % que cela fonctionne bien, mais je ne vois pas d’autre façon d’obtenir un vert profond sans utiliser de bleu.
J’espère avoir pu vous aider un peu.
Je vous souhaite une bonne journée !
Bonjour Julien,
Je vous remercie énormément pour votre réponse et tout le détail que vous apportez ! Je vais tester cette technique et vous tiendrai au courant des résultats obtenus.
Je vais également revoir les quantités d’alun / de blanc de meudon car mes pigments sont pour le moment assez fades…
Peut-être qu’en concentrant davantage la teinture cela m’aidera !