Accueil » Bleu de Pastel

Extrait de mon carnet de voyage
Aux alentours de la moitié du XVe siècle et jusqu’à la moitié du siècle suivant, une plante a fait la fortune de quelques marchands toulousains. Dans la région du Lauragais, cette plante se nomme le pastel ; dans d’autres régions, elle est connue sous le nom de guède, parfois wède ou encore weide. Tous ces noms désignent la même herbacée : l’Isatis tinctoria.
D’apparence absolument banale, elle renferme un secret unique en son genre : elle est capable de teindre les tissus en bleu de façon permanente. En Europe, elle a longtemps été la seule plante capable d’un tel exploit. Des marchands visionnaires ont vu tout le potentiel commercial du pastel et ont très vite fait fortune, des fortunes tellement colossales qu’elles ont transformé l’architecture de Toulouse avec des hôtels gigantesques et luxueux dont certains font encore partie du paysage de la ville.
Quand j’ai décidé de me lancer à corps perdu (n’ayons pas peur des mots) dans la fabrication de mes propres peintures naturelles, la question d’obtenir du bleu s’est très vite posée à moi. De toutes les couleurs, le bleu est, sans aucun doute, la couleur la plus rare dans la nature, que ce soit sous forme minérale ou végétale. Bien que j’habitasse Toulouse à cette époque, et que l’histoire de la plante de pastel soit quand même relativement connue par là-bas, je n’ai pas pensé directement à elle en premier lieu. C’est après quelques recherches sur internet que je me suis souvenu de son existence.
Bien décidé à la trouver, je suis parti à la recherche du pigment que l’on obtient de cette plante. Persuadé que la chose serait aisée, j’ai très vite déchanté. Les quelques lieux dédiés à la plante à Toulouse n’étaient pas en capacité de m’en fournir (la récolte leur permet tout juste de subvenir aux besoins de leur production). Loin de moi l’envie d’abandonner, j’ai décidé de parcourir les villes et villages dans lesquels la plante était cultivée durant son âge d’or. Peut-être aurais-je alors plus de chance. C’est ainsi qu’a démarré mon périple dans le pays de Cocagne à la recherche du bleu de pastel. J’ai gardé les traces de ces vagabondages dans mes carnets de dessins.

Extrait de mon carnet de voyage

Extrait de mon carnet de voyage

Extrait de mon carnet de voyage
Très vite, mes carnets se sont remplis, et pas seulement de croquis et de dessins, mais aussi d’anecdotes au sujet de la plante. J’ai rencontré des gens passionnés qui ont changé mon projet de départ, qui était seulement de trouver du pigment bleu et de me poser à dessiner les lieux qui me semblaient intéressants. Maintenant que j’avais de plus en plus de contenu, il me semblait évident que j’en fasse un livre.
Je vais être franc, je ne savais pas dans quoi je me lançais. Aujourd’hui, lundi 6 avril 2026, le livre est avancé à 90 %, mais les 10 derniers pour cent sont les plus difficiles. Je me donne jusqu’aux vacances scolaires d’été pour le terminer.

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