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Comment fabriquer des pigments naturels ?

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Qu'est-ce qu'un pigment ?

Il convient tout d’abord de définir ce qu’est un pigment. Selon la définition du dictionnaire, il s’agit « d’une substance, généralement en poudre fine, insoluble dans les milieux de suspension usuels, utilisée en peinture en raison de ses propriétés optiques, protectrices ou décoratives. »

Lorsqu’on parle de pigments naturels en peinture, on fait référence à des pigments qui ne sont pas issus de l’industrie pétrochimique. Ainsi, les ocres, les argiles et autres minéraux entrent dans cette catégorie. Cependant, ce sont les pigments organiques naturels dérivés de sources végétales, animales ou issues d’insectes qui nous intéressent ici.

Pour obtenir ces pigments naturels, une transformation chimique est nécessaire. La raison est simple : les plantes contiennent des colorants solubles, qui ne se comportent pas comme des pigments. Un pigment doit être insoluble dans le milieu où il est utilisé. Pour transformer un colorant végétal en pigment utilisable, il faut fixer le colorant sur un support minéral pour le rendre insoluble. C’est ce qu’on appelle la création d’un pigment laqué.

Que sont exactement les pigments laqués ?

Les pigments laqués, parfois appelés pigments-laques, désignent à l’origine des pigments organiques obtenus par la précipitation d’un colorant d’origine végétale ou animale sur un support insoluble, généralement minéral. Aujourd’hui, cette appellation s’étend également à des pigments laqués élaborés à partir de colorants synthétiques. Cette précipitation se fait généralement en présence d’un sel métallique jouant le rôle de mordant, tel que l’alun (sulfate double d’aluminium et de potassium). Le terme « laque » dérive de l’italien lacca, issu du latin lacca, désignant une résine naturelle (gomme-laque) et, par extension, certaines substances colorantes.

Les pigments laqués figurent parmi les plus anciens pigments organiques connus. Depuis l’Antiquité, des colorants naturels ont été précipités sur des substrats minéraux pour créer des pigments plus stables et adaptés à la peinture. Cette technique a permis d’améliorer la durabilité et l’intensité des couleurs.

Cependant, les pigments laqués souffrent souvent d’une mauvaise réputation. Bien qu’ils offrent des couleurs éclatantes et transparentes, certains d’entre eux sont connus pour leur fugacité, c’est-à-dire leur tendance à s’estomper sous l’effet de la lumière. Les peintres de l’Antiquité étaient conscients de ce problème, mais ils utilisaient ces pigments pour raviver des couleurs minérales plus ternes, mais permanentes. Ils avaient compris que si la couleur laque pouvait disparaître avec le temps, la couleur minérale, elle, restait inaltérable.

L’intérêt des pigments laqués peut sembler limité en raison de leur potentielle instabilité, mais il est important de nuancer ce point. En effet, de nombreux pigments laqués présentent une résistance aux intempéries tout à fait honorable. Parmi les exemples notables, on peut citer ceux extraits de l’indigo, de la garance, du kermès, de la cochenille, de la gaude, de l’isatis tinctoria, du carthame, de la sarriette, du genêt, du châtaignier, du chêne et du noyer. Ces pigments ont démontré leur utilité et leur durabilité dans de nombreuses applications artistiques et historiques.

Pigments naturels fabriqués par Julien Guinet
Pigments naturels fabriqués par Julien Guinet

D'où sont extraits les colorants ?

Les colorants utilisés pour fabriquer des pigments laqués proviennent essentiellement de plantes, d’arbres, de racines ou d’insectes. Certains végétaux concentrent leurs colorants dans leurs feuilles, tandis que pour d’autres, ils se trouvent en plus grande quantité dans les racines. Il est donc nécessaire de mener des recherches préalables afin d’identifier quelle partie de chaque source contient la plus forte concentration de colorants.

Feuilles comme celles des orties
Les feuilles comme celles des orties
Une écorce
Les écorces comme celles du bouleau
Illustration de la garance
Les racines comme celles de la garance
Une illustration d'une pelure d'oignon
Pelures comme celles des oignons
Une illustration d'une cochenille
Les insectes comme la cochenille

La recette

24h

Difficulté moyenne

Coût moyen

Ingrédients

  • Parties tinctoriales d’un végétal ou animal
  • ~ 30 g de blanc de Meudon (carbonate de calcium) — il est aussi possible d’utiliser des cristaux de soude
  • ~ 100 g d’alun de potasse
  • Eau déminéralisée

Ustensiles

Un grand bocal
3 grands bocaux (ou récipients)

D'au moins 2 L

filtre à café
Des filtres à café en papier
Assiette
1 assiette en céramique
Bocal
1 bocal avec couvercle 🛒

Pour conserver les pigments

Entonnoir
1 entonnoir
Casserole
1 casserole
Spatule en silicone
1 spatule souple

de préférence en silicone

Filtre Tissu
1 filtre en tissu

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Julien-Guinet_portrait

Pour Info

Généralement, j’utilise environ 10 % d’alun et 3 % de carbonate de calcium (ou de sodium) par rapport au volume total de jus. Ce volume comprend le jus réservé (Partie 2 – Étape 1), ainsi que l’eau utilisée pour dissoudre l’alun, en tenant compte du fait qu’une partie de cette eau s’évapore lors du chauffage (Partie 2 – Étape 2).

Pour mieux comprendre, dans le cas précis de cette recette, je compte les 900 mL de jus réservé, auxquels j’ajoute les 200 mL d’eau destinés à dissoudre l’alun. En tenant compte du fait qu’une partie de cette eau va s’évaporer lors du chauffage (j’estime environ la moitié, soit 100 mL), il me reste donc environ 1 000 mL de jus, soit 1 L.
10 % d’alun pour 1 L = 100 g, et 3 % de carbonate (calcium ou sodium) pour 1 L = 30 g.

Ces proportions ne sont données qu’à titre indicatif. Il n’existe pas de quantité précise, car cela dépend de plusieurs facteurs : La quantité de colorants contenue dans le jus, la teinte souhaitée, l’opacité recherchée, ainsi que la nature spécifique de chaque plante qui réagit différemment (oui, je me répète, mais je préfère insister sur le fait qu’il n’existe pas de méthode universelle pour extraire les pigments).

Il est tout de même conseillé de limiter l’ajout d’alun à 20 %, car au-delà, il est peu probable que vous constatiez une véritable différence de couleur.

En ce qui concerne le blanc de Meudon, je vous recommande de faire attention : en trop grande quantité, vos pigments seront plus opaques mais auront un aspect plus pastel ; en petite quantité, ils seront plus vifs en couleur, mais aussi plus transparents.

Quoi qu’il en soit, je vous conseille de commencer par une petite quantité et d’ajuster progressivement si la teinte dans le bocal ne vous convient pas.

Un bon indicateur que j’ai remarqué pour connaître la couleur finale de vos pigments est d’observer la couleur de la mousse qui se forme lors de la réaction. Dans la plupart des cas (pas tous malheureusement), elle se rapproche de la teinte finale de vos pigments.

Pour vérifier si la réaction est terminée, il suffit de mesurer le pH de la solution, qui doit être neutre (pH 7).

La préparation

Partie 1 – Extraction des colorants

1. Collecter les parties colorantes

Dans le cas des végétaux, tous les colorants ne sont pas obtenus à partir des mêmes parties de la plante, il est donc nécessaire de savoir quelles parties contiennent la plus grande concentration de matière colorante.

Vous pouvez visiter la page « Répertoire des plantes tinctoriales », dans laquelle j’ai répertorié une partie des plantes tinctoriales ainsi que les parties qui contiennent leurs colorants.

2. Extraction des colorants

Je peux difficilement indiquer des quantités exactes, car cela dépend beaucoup de chaque espèce. Il vaut mieux en mettre un peu plus que pas assez !

  • Pour les pétales : laissez macérer pendant au moins 4 heures et chauffez à feu très doux pendant une dizaine de minutes.
  • Pour les feuilles : Laissez infuser 24 heures puis chauffez à 90°C pendant au moins 40 minutes.
  • Pour les parties dures (troncs, branches) : faites bouillir entre 40 minutes et 2 heures, puis laissez refroidir.

 

Il est toujours préférable d’utiliser de l’eau déminéralisée.

fabriquer des pigments naturels
fabriquer des pigments naturels
3. Filtration

Une fois le liquide coloré obtenu, filtrez-le à travers un filtre en tissu (ou un chiffon propre) en le versant dans un nouveau grand bocal.

Le jus doit être parfaitement filtré et ne contenir que du liquide, sans aucun résidu solide. Si nécessaire, n’hésitez pas à le filtrer plusieurs fois.

fabriquer des pigments naturels

Partie 2 – Obtenir des pigments laqués

Étape 1
  • Réservez 900 ml de jus.
Étape 2
  • Mélangez l’alun de potasse et 200 ml d’eau dans une casserole. Chauffez lentement jusqu’à ce que l’alun soit complètement dissous.
fabriquer des pigments naturels
Étape 3
  • Versez l’alun de potasse dilué dans le jus préalablement réservé et remuez.
fabriquer des pigments naturels
Étape 4
  • Versez lentement le carbonate de calcium (ou cristaux de soude) dans la préparation précédente.
fabriquer des pigments naturels
Étape 5
  • Remuez la préparation LENTEMENT avec un pinceau (ou un bâton fin), car une réaction chimique va se produire, formant une mousse dense. Veillez à ne pas faire déborder le récipient.
fabriquer des pigments naturels
Étape 6
  • Laissez reposer le mélange pendant 24 heures.
  • Un précipité (1) va se former et se déposer au fond du récipient. Il s’agit des futurs pigments.
Pigments naturels fabriqués par Julien Guinet
Étape 7
  • Pour gagner du temps sur l’étape suivante, versez le maximum de liquide (2) qui se situe au-dessus du précipité (1) dans un autre bocal.
  • Prenez soin de ne pas verser le précipité (1) dans ce récipient.
  • Évitez de rejeter ce liquide dans la nature. L’idéal est de le laisser s’évaporer naturellement.
Pigments naturels fabriqués par Julien Guinet
Étape 8
  • Préparez un grand bocal avec un entonnoir et placez-y un filtre à café à l’intérieur.
  • Versez tout le précipité présent dans l’autre bocal.
  • Laissez filtrer 24 heures. À l’intérieur du filtre le précipité forme une sorte de pâte.
fabriquer des pigments naturels
Étape 9
  • Une fois la filtration terminée, remplissez la pissette d’eau très chaude et rincez soigneusement les bords du filtre à café pour faire descendre les dépôts de pâte. Cette étape élimine les dernières impuretés.
  • Répétez l’opération deux fois, puis laissez à nouveau filtrer.
  • Si vous n’avez pas de pissette, vous pouvez utiliser une bouteille en plastique en perçant un petit trou dans le bouchon.
Nettoyage des pigments naturels
Étape 10
  • Étalez la pâte sur une assiette en céramique à l’aide de la spatule souple et laissez-la sécher complètement. Cette étape peut prendre jusqu’à une semaine.
  • Il est possible d’accélérer le processus en faisant sécher les pigments au micro-ondes (3 min, puis diminuer progressivement).
  • Il est normal que la couleur s’éclaircisse en séchant. Lorsque les pigments seront mélangés à un liant, ils retrouveront leur teinte initiale.
fabriquer des pigments naturels
Étape 11
  • À l’aide de la spatule en métal, récupérez les pigments et mettez-les dans le bocal avec couvercle.
  • Avant de refermer, assurez-vous que les pigments soient parfaitement secs pour éviter tout risque de moisissure.
  • Stockez le bocal dans un endroit sec, à l’abri de la lumière directe du soleil.
  • Et voilà ! Vos pigments sont prêts à être utilisés pour créer votre propre peinture.
fabriquer des pigments naturels

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Les commentaires

23 Réponses

  1. Bonjour et merci pour toutes vos fiches c’est une vraie mine d’or. J’aimerais faire le processus de fabrication de pigments avec mon petit bout de 3 ans. J’essaie au maximum d’utiliser des éléments non toxiques pour la manipulation. J’ai beau faire des essais, impossible de trouver une alternative à l’alun, savez vous si un autre procédé avec un autre ingrédient pour précipiter existe? Merci d’avance Alexia

    1. Bonjour.

      Merci pour votre message. Je suis très content que mes fiches vous soient utiles.

      En ce qui concerne l’alun, je cherche également des alternatives à ce produit, et ce n’est pas chose simple. J’avais testé de le remplacer par du sel d’oseille, ça marche mais en revanche, les couleurs obtenues ne sont pas les mêmes qu’avec le sel d’alun. De plus, le sel d’oseille n’est pas non plus complètement inoffensif.

      Il y a des pistes que j’ai découvertes dernièrement mais que je n’ai pas encore testées.

      1. Il y aurait l’option d’utiliser des plantes riches en alumine naturellement, comme les symplocos. C’est une plante qui provient des forêts humides des régions tropicales à tempérées, elle est présente en Asie du Sud et de l’Est, mais également en Amérique du Sud (personnellement, ça me refroidit un peu de tester cette option à cause de l’impact environnemental, mais ce n’est que mon point de vue). On peut la trouver en boutique sur internet, c’est assez cher, mais si ça vous intéresse, je vous passe un lien : https://couleur-garance.com/boutique/droguerie/mordants/symplocos/.

      2. J’ai vu un artiste qui utilisait de l’argile de rivière riche en aluminium. Là aussi, je pense qu’il faut faire des recherches pour savoir où trouver de l’argile assez riche en aluminium pour que cela fonctionne.

      Sinon, vous pouvez aussi fabriquer des pigments d’indigo ! C’est une recette idéale à faire avec votre enfant car elle ne requiert pas d’alun et donne une couleur bleue que, personnellement, je trouve magnifique. J’ai mis la recette sur ce site.

      En tout cas, voilà l’état de mes recherches actuelles. Dès que j’aurai trouvé une solution de remplacement à l’alun, je ferai un article sur ce site.

      Je vous souhaite une bonne journée !

      1. Bonjour, Merci pour votre site internet et tout le partage de connaissance !
        C’est très généreux !
        J’aimerais fabriquer De l’aquarelle et gouache, ou puis je acheter les produits type, alun, gomme arabique, blanc de meudon…
        Merci et très bonne journée à vous

        1. Bonjour,

          Il est parfois possible de trouver ces produits dans des drogueries.
          Le blanc de Meudon est très facile à se procurer. Vous le trouverez en supermarché, au rayon « entretien », ou en magasin de bricolage.
          La gomme arabique, étant parfois utilisée en cuisine au Sénégal et en Afrique du Nord, peut parfois être disponible dans des épiceries spécialisées.
          L’alun est sans doute le plus difficile à trouver sans passer par internet. S’il n’y en a pas dans une droguerie, je vous conseille de chercher en ligne.

          Vous trouverez tous ces produits sur des sites tels que :
          https://couleur-garance.com
          https://www.ocres-de-france.com/fr

          Je vous souhaite une très bonne journée et j’espère que ma réponse vous sera utile !

  2. Bonjour, Merci pour votre réponse ! J’ai presque tout trouvé ! Pour l’alun j’ai utilisé de la pierre d’alun que j’ai broyé. Malheureusement tous les essais ont été des échecs… il n’y a pas eu de réaction chimique quand j’ai mis les cristaux de soude . J’ai essayé avec du raisin d’amerique que j’ai préparé, du jus d’aulnes et jus d’hibiscus qui me restaient d’anciennes cuisson… Je suis un peu dépitée… je vais essayer de trouver de l’alun en poudre et réessayer…
    Très bonne fin de journée

    1. Bonjour,

      Effectivement, c’est étrange. Normalement, l’alun réagit au contact du carbonate de sodium (cristaux de soude) ou du carbonate de calcium (blanc de Meudon). Comme vous le dites, il est possible que cela provienne de la pierre d’alun, qui n’est pas pure. En tout cas, il ne faut pas se décourager. Si vous avez la possibilité de retenter l’expérience avec de l’alun de potasse (ou du sulfate d’aluminium), il n’y a pas de raison que cela ne fonctionne pas.

      Bonne soirée

  3. Bonjour, Merci pour vos encouragements ! Je vais essayer du coup avec du sulfate d’aluminium, plus facile à trouver. Je vous dirais si j’ai réussi.
    Très bonne après-midi à vous.

  4. bonjour,
    un grand merci à vous pour toutes ces fiches, je me suis récemment intéressée à la fabrication d’aquarelles végétales je trouve cela passionnant mais finalement il n’y a pas énormément de ressources (ou alors je ne trouva pas!!). En tous cas en combinant votre rectte de pigment et celle de l’aquarelle cela fonctionne très bien. J’ai également regardé pas mal de ressources liées à la teinture et souvent j’ai noté qu’ils arrivent à obtenir d’autres coloris en ajoutant du bicarbonate, du citron, du fer… Pensez-vous que cela puisse fonctionner également pour le pigment (sachant que l’on ajoute l’alun pour fixer)? j’ai fait un petit test qui me semble mitigé…
    bonne journée
    orélie

    1. Bonjour Orélie,

      Bienvenue dans le monde des couleurs végétales ! Je suis content que mes fiches vous aient été utiles pour créer vos aquarelles avec des pigments naturels.

      Il est tout à fait possible de modifier les couleurs des pigments en utilisant divers ingrédients. Vous pouvez ajouter un peu de fer, de citron, etc., dans votre colorant avec l’alun. Il faut faire des expériences pour ajuster les quantités, car tout dépend des végétaux et des couleurs souhaitées. Le fer assombrit les couleurs, mais il a l’avantage de les rendre plus résistantes aux UV. L’acide citrique peut également faire changer certaines couleurs, ce qui est particulièrement visible avec celles obtenues à partir d’hibiscus ou de vigne vierge, par exemple.

      Si vous cherchez à vous passer de l’alun, il est possible d’obtenir des pigments en le remplaçant par du sel d’oseille (acide oxalique), que l’on trouve dans les grandes surfaces au rayon ménager. Ce dernier permet de précipiter les pigments et d’obtenir des teintes différentes de celles obtenues avec l’alun. Cependant, le sel d’oseille est corrosif, et il vaut mieux éviter de le rejeter dans l’évier.

      Je cherche encore d’autres ingrédients qui me permettraient d’obtenir des pigments sans alun, mais je n’ai pas encore trouvé l’ingrédient magique.

      J’espère que ces explications vous seront utiles !

      Bonne journée.

  5. Bonjour, je vous avais écrit en octobre, j’ai réussi à extraire du pigment du raisin d’amerique et de prunes sauvages! J ai utilisé de la poudre d’alun et du blanc de meudon, je crois que c’est le dernier ingrédient qui a vraiment fait la différence !
    J’ai réussi à fabriquer mes aquarelles , mais je dois améliorer la texture ! Je voulais vous tenir au courant car vous m’avez partagé de bon conseils ! Très bonne soirée à vous

    1. Bonjour et merci de m’avoir tenu informé de vos avancées ! Je suis content que vous ayez réussi à extraire du pigment du raisin d’Amérique et des prunes sauvages. Avec un peu de pratique, vous allez maîtriser rapidement la fabrication de l’aquarelle.

      Si je peux vous donner un conseil, ce serait d’avoir un carnet dans lequel vous pouvez noter les réactions des pigments avec les différents ingrédients, garder une trace de l’évolution de vos couleurs, etc. Personnellement, cela m’a beaucoup aidé à progresser.

      Très bonne soirée à vous aussi

  6. Oui, j’essaye de noter un maximum, et je me rends compte après coup qu’il manque toujours des infos! Est ce que vous avez essayé le mélange pigment et huile ? L’aquarelle c’est très sympa mais j’aime beaucoup travailler à la peinture a l huile ! Je vais tester!

    1. Honnêtement, je ne suis pas du tout un expert en peinture à l’huile. J’ai fait quelques tests vite fait avec de l’huile de lin, mais je ne pourrai pas donner de conseils à ce sujet. Par contre, je serai intéressé pour connaître le résultat de vos futurs essais !

  7. Bonjour, waouh merci pour ces partages ! Herboriste entre autres, je me suis mise aux impressions végétales il y a 2 ans. J’ai fait quelques préparations alimentaires avec les violettes ces 2 dernières semaines et j’ai obtenu par hasard un joli nuancier, ce qui m’a fait m’intéresser à l’aquarelle.. J’ai hâte maintenant de tester cela aussi et grâce à vos recettes hyper précises je sens que ça va être mon nouveau hobby estival !

    1. Bonjour, je suis ravi que mes recettes puissent vous accompagner dans cette nouvelle aventure estivale. Vous allez voir l’expérience de fabriquer ses propres encres et pigments est très enrichissante, presque magique. Je vous souhaite de bonnes expérimentations.

  8. Bonjour,
    Un grand merci pour votre partage! Votre site est une super pépite ! Je fabrique depuis un moment aquarelles et mes pigments et j’aurai voulu profiter des cueillette estivales pour préparer une plus grosse quantité de pigments.
    Le dosage de l’alun et du blanc de Meudon ne change pas quelque soit le volume de liquide ? Et savez vous quelle incidence cela peut avoir d’augmenter la proportion de blanc de Meudon? Cela donne t’il un colorant plus
    clair ?
    En vous remerciant

    1. Bonjour,

      Merci beaucoup pour votre message, je suis ravi que le site vous plaise et qu’il puisse vous être utile dans vos expérimentations !

      Pour répondre à votre question :
      Les proportions d’alun et de blanc de Meudon que je propose peuvent effectivement être ajustées. Les dosages indiqués permettent d’obtenir des pigments avec la plupart des plantes, mais chacun peut bien sûr adapter la recette selon ses essais, ses préférences et le volume de liquide.

      Certaines personnes utilisent jusqu’à 12 % d’alun (j’ai même vu des recettes allant jusqu’à 20 %). Cela peut, avec certaines plantes, permettre d’obtenir des couleurs plus vives. Cela dit, au-delà d’un certain seuil, augmenter la quantité d’alun ne produit plus vraiment de différence. Personnellement, je préfère en mettre un peu moins, quitte à en rajouter ensuite au moment du décantage, si je trouve que la couleur manque d’intensité.

      En ce qui concerne le blanc de Meudon, il faut en effet être plus prudent. En en ajoutant trop, la couleur devient rapidement pastel, voire très claire. Vous pouvez également essayer d’utiliser des cristaux de soude, qui donnent parfois une teinte plus vive aux pigments. Il est aussi possible d’utiliser de la lessive de cendre, qui offrira encore une autre nuance (j’en reparlerai dans une autre recette).

      Bref, la recette que je propose sert de base, mais si vous avez l’occasion de faire vos propres essais en modifiant les proportions, vous découvrirez certainement des résultats intéressants.

      P.S. : Grâce à votre message, j’en ai profité pour relire la recette que je n’avais pas mise à jour depuis un moment et j’ai réajusté quelques proportions et ajouté quelques précisions !

      Bonne soirée !

      1. Tout d’abord un grand merci pour tous ces partage !
        Je travaille sur des projets de transmission de savoir-faire oubliés et la fabrication peinture en est un !

        J’ai fait pas mal de tentatives et le heurte à une difficulté pour obtenir un vert assez profond.
        Je tente avec des espèces locales (herbe, lierre, feuilles…) mais n’obtient bien souvent qu’une couleur tirant sur le jaune.
        Je me demande si le vert issu de la chlorophylle n’est pas extrêmement fragile, notamment face à la température.
        Avez- vous des conseils pour obtenir du vert?
        Hormis mélanger du bleu (que je nai pas encore créé dû a la rareté de plantes tonctoriales locales donnant du bleu) et du jaune

        Un grand merci pour votre aide eu pour la transmission de vos connaissances

        1. Bonjour Julien,

          Je suis très heureux que les recettes que je partage puissent vous servir.
          Obtenir un vert profond sans utiliser de bleu risque d’être assez compliqué.

          La chlorophylle est plutôt fragile et a tendance à ne pas vraiment bien tenir dans le temps. Alors c’est vrai qu’il existe des méthodes pour faire durer les couleurs fragiles plus longtemps (j’en parlerai prochainement dans un nouveau post sur le site) mais il vaut toujours mieux les protéger de la lumière.

          Pour ma part, pour obtenir du verts, j’utilise le bleu indigo, que j’obtiens à partir des feuilles de la persicaire, que l’on peut faire pousser en France, et que je mélange ensuite avec du jaune (celui obtenu avec de la gaude en général).

          Mais dans votre cas, sans utiliser de bleu, voici ce que je ferais :

          1. D’abord, obtenir des pigments verts à partir de fougères, d’orties ou de fanes de carottes.
          2. Ensuite, fabriquer des pigments jaunes (c’est beaucoup plus simple que le vert), avec du genêt, mais aussi du millepertuis ou du curcuma.
          3. Puis, mélanger les pigments verts obtenus avec un peu d’eau (pour connaître la couleur exacte une fois mouillée), et ajouter le jaune petit à petit jusqu’à obtenir un beau vert (toujours travailler avec les pigments mouillés).
          4. Enfin, diluer un peu d’eau et de sulfate de fer, puis ajouter cette solution goutte à goutte dans le mélange de pigments, tout en remuant avec une spatule, jusqu’à obtenir la teinte recherchée.

          Je préviens que je n’ai pas testé cette méthode, donc je ne peux pas vous assurer à 100 % que cela fonctionne bien, mais je ne vois pas d’autre façon d’obtenir un vert profond sans utiliser de bleu.

          J’espère avoir pu vous aider un peu.

          Je vous souhaite une bonne journée !

          1. Bonjour Julien,

            Je vous remercie énormément pour votre réponse et tout le détail que vous apportez ! Je vais tester cette technique et vous tiendrai au courant des résultats obtenus.
            Je vais également revoir les quantités d’alun / de blanc de meudon car mes pigments sont pour le moment assez fades…
            Peut-être qu’en concentrant davantage la teinture cela m’aidera !

  9. Pour remplacer l’alun , on peut travailler avec un bain de soja jaune fermenté pour traiter son papier ou son tissu. technique ancestrale japonaise. C’est un liant pour les fibres cellulosiques. ça fonctionne très bien sur le tissu . je vais tester sur les papiers bientôt.

  10. Pour remplacer l’alun , on peut travailler avec un bain de soja jaune fermenté pour traiter son papier ou son tissu. technique ancestrale japonaise. C’est un liant pour les fibres cellulosiques. ça fonctionne très bien sur le tissu . je vais tester sur les papiers bientôt.

    1. Bonsoir, merci beaucoup pour cette info! Je vais tester ça. J’ai aussi entendu dire qu’on pouvait remplacer l’alun par des plantes riches en alumine comme le symplocos.

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