

Le nom « indigo » fait référence à une substance organique qui est extraite des plantes à indigo et qui, après diverses manipulations chimiques, permet d’obtenir ce fameux bleu « indigo ».
Les plantes à indigo ne possèdent pas naturellement de pigment bleu à proprement parler, mais des précurseurs incolores : l’indican chez des espèces comme Indigofera tinctoria ou Persicaria tinctoria, et l’isatan chez Isatis tinctoria. Ces composés doivent ensuite être transformés, notamment par hydrolyse et oxydation, pour donner naissance au pigment bleu, l’indigotine.
Il existe environ une centaine d’arbustes et de plantes à indigo, mais seulement une dizaine sont réellement utiles pour en extraire les pigments.
Avant que les chimistes, notamment ceux du 19ᵉ siècle, ne s’emparent de la fabrication du bleu, cette couleur était rare à l’état naturel. Bien que des pigments minéraux comme le lapis-lazuli fussent déjà connus, leur obtention était difficile et ils étaient principalement localisés dans quelques régions restreintes de la planète, principalement en Afghanistan, ce qui en faisait un pigment rare et extrêmement cher. C’est donc principalement grâce à la maîtrise de l’extraction des colorants issus des plantes à indigo que l’on a pu obtenir cette couleur.
Les premières traces retrouvées de la culture de l’indigo remontent à environ 4 000 ans avant notre ère en Inde. Les Mésopotamiens et les Égyptiens de l’Égypte ancienne maîtrisaient aussi la culture de cette plante, puisque des traces ont été découvertes datant d’environ 2 500 ans avant J.-C. La première apparition de l’indigo dans un ouvrage date de 77 après J.C. dans le livre « De materia medica » écrit par le médecin, pharmacologue et botaniste grec Dioscoride. Les Mayas, de l’Amérique précolombienne, utilisaient l’indigo en le mélangeant à de l’argile palygorskite pour obtenir un bleu proche du bleu primaire, appelé « bleu maya ».
En Europe, c’est une autre plante à indigo qui a fait la fortune de nombreux commerçants, notamment à Toulouse et dans ses alentours : l’Isatis Tinctoria, plus connue sous le nom de Pastel des teinturiers. Au départ, cette plante n’était pas classée dans la famille des indigos, mais des recherches ont prouvé que ses composants sont les mêmes que ceux présents dans les autres plantes de cette famille.
À leur arrivée en Asie au XVIe siècle, les Portugais découvrent que l’indigo est aussi présent et qu’il est vendu sur les marchés sous forme de poudre.


Parmi la dizaine de plantes/arbustes pouvant être utilisées pour extraire le pigment d’indigo, trois se distinguent particulièrement :

Sans aucun doute la plus célèbre des plantes à indigo, elle est également appelée l'indigo des teinturiers. Originaire d'Inde, elle est réputée pour être celle qui produit la plus grande quantité d'indigo.

Connue sous le nom de Pastel des teinturiers, cette plante a fait la fortune de certains marchands du Lauragais. Sa couleur était exportée à travers l'Europe avant l'importation massive de l'indigo des Indes et des Amériques.

Aussi appelée la renouée des teinturiers, elle est originaire d'Asie orientale. Cette plante s'est très bien acclimatée au climat plus rude de l'Europe, contrairement à sa sœur l'indigofera tinctoria.


Éviter le fer et les outils oxydés.

Minimum 3 Litres

Si vous n'en avez pas, vous pouvez utiliser le couteau à peindre.

Où une plaque de marbre

Plus grande que l'ouverture du récipient !

il doit faire plus de 2 litres




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Ce couvercle permettra de limiter le contact de l’air avec la préparation, réduisant ainsi le risque d’une oxydation trop rapide..
Le fiel de bœuf n’est pas obligatoire, mais il facilite beaucoup le travail.
À ce stade, il est important de limiter le contact de l’air avec la préparation.
Vous obtenez une solution légèrement jaune/verte.
Pour obtenir des pigments plus transparents, vous pouvez utiliser des cristaux de soude ou de la lessive à la cendre à la place du blanc de Meudon. Pour la lessive de cendre, ajoutez l’équivalent d’un grand verre à la solution.
Reportez-vous à la fin de cette recette pour voir les différences.
L’objectif de cette étape est d’incorporer de l’air à la préparation précédente, qui doit mousser et devenir bleue.
Il faut prendre son temps et attendre que la préparation coule du filtre à café pour éviter qu’elle déborde.
Une pâte bleu va se déposer au fond du filtre, ce sont les futurs pigments d’indigo.
Il faut bien insister!
Si vous n’avez pas de pissette, prenez une petite bouteille d’eau, percez un trou au centre du bouchon, puis remplissez la bouteille avec le mélange d’eau et d’acide citrique. Ensuite, il suffit d’appuyer sur la bouteille pour faire sortir le liquide.
Cette étape peut être accélérée en passant la pâte au micro-onde.
Pour ne pas brûler le pigment, il faut y aller graduellement. Mettez la puissance du micro-onde au maximum et faites-le fonctionner 2 minutes.
Vérifiez que le pigment ne brûle pas et relancez le micro-onde. Ainsi de suite jusqu’à ce que l’eau se soit entièrement évaporée.

Pigments d’indigo extraits avec du carbonate de calcium (blanc de Meudon) :


La couleur donne un bleu assez couvrant.
Liant utilisé : jaune d’œuf

Pigments d’indigo extraits avec du carbonate de sodium (cristaux de soude) :


La couleur donne un bleu/gris. La couleur est aussi un peu plus transparente.
Liant utilisé : jaune d’œuf

7 Réponses
Bonjour,
Je possède un indigotier dans mon jardin de région parisienne. Merci de votre recette que je n’ai pas encore expérimentée, mais je souhaiterais en complément, savoir à quelle période faire la cueillette des feuilles pour ne pas nuire à l’arbre ? Merci d’avance. Bien cordialement Florence Dupuis
Bonjour,
Merci pour votre message.
Concernant votre indigotier, la période idéale pour la cueillette des feuilles se situe généralement entre la fin du printemps et la fin de l’été, soit de juin à septembre, lorsque la plante est bien développée et en pleine croissance.
Pour ne pas affaiblir l’arbre et réussir votre récolte, je vous recommande :
– de cueillir modérément, en ne prélevant qu’une partie des feuilles à la fois (par exemple, une feuille sur trois ou quatre) ;
– de cueillir le matin, par temps sec, lorsque les feuilles sont les plus riches en indican ;
– d’éviter toute cueillette à l’approche de l’automne, afin que la plante puisse conserver son énergie pour l’hiver ;
– de récolter lorsque la plante atteint 30 à 50 cm de hauteur et a formé un bon feuillage.
Ne connaissant pas précisément l’espèce d’indigotier que vous possédez, je me permets de préciser que tous les indigotiers ne produisent pas de bleu, ou du moins pas avec la même intensité ni la même facilité. Seules certaines espèces, comme Indigofera tinctoria ou I. suffruticosa, sont véritablement tinctoriales.
J’espère que ces informations vous seront utiles.
Bonne soirée à vous !
Bien cordialement,
I am guiding a young woman and her team in northern Uganda as they learn to make paints (and pigment, dye, ink) using local resources (I am in Berlin, Germany). They finally found indigiofera arrecta in their area, and it seems they are making progress extracting the color. However, the color is gray-blue, and the paint I have seen is not rich and dense. I was hoping you might have some advice for them. I have been reaching out for help for them, since I have no experience processing indigo. They are using calcium carbonate, fermentation, and rain water. She just got some advice to use younger leaves.
You can see their current progress on Instagram, @paintmakersoflira.
Any advice is welcome!
Hello David,
Congratulations on your wonderful initiative and your efforts to master natural indigo extraction using local resources! It’s an exciting craft and a true artisanal skill. I can try to help you by sharing some tips that might be useful for you to improve the color and density of your pigment.
– Let the leaves ferment long enough, carefully monitoring the process. Fermentation is essential to transform indican into indigo dye.
– Try to maintain a pH around 9 or 10 in your fermentation bath. This is the ideal pH to encourage pigment formation. You can adjust the pH by varying the amount of calcium carbonate (whiting).
– Don’t hesitate to slightly reduce the amount of calcium carbonate used. Too much can make the color lighter or grayish, while a slightly lower (but still alkaline) pH tends to give a darker, richer color.
– Also consider using wood ash lye as a natural alternative to calcium carbonate. I have personally tested this method, and the pigments obtained are often darker and more intense.
Here is a simple recipe to make wood ash lye:
– Take about 1 kg of untreated wood ash.
– Place it in a large container.
– Add about 5 liters of rainwater or soft water.
– Let it sit for 24 to 48 hours, stirring occasionally.
– Filter the liquid through a fine cloth or coffee filter to remove particles.
– Use this alkaline liquid to adjust the pH of your fermentation.
Don’t hesitate to try several experiments to find the best concentration and duration. With some patience, you should be able to obtain a richer, denser pigment with a beautiful deep blue color.
Good luck to you and the entire team!
Bonjour Julien,
Merci pour votre recette et votre site qui est très intéressant.
J’avais des feuilles sèchées de persicaire à indigo, j’ai testé 2 fois votre recette… mais je ne parviens pas à obtenir de mousse bleue… ni de pigments 😔
Je pense avoir bien réalisé le couvercle en polystyrène, mais mon eau de macération est plutôt orangée!? J’ai utilisé du blanc de meudon et j’ai battu au fouet électrique pour insérer de l’air à la 2ème étape.
Auriez-vous des suggestions à me soumettre? Faudrait-il que je réduise en poudre les feuilles (vous utilisez de la poudre) ?
Merci,
Delphine
Bonjour Delphine,
Il peut y avoir plusieurs raisons à ce problème. Déjà, si l’eau de macération est orangée, alors qu’elle devrait présenter des reflets bleus à ce stade, c’est que le problème vient sûrement d’une étape antérieure.
Selon moi, le problème vient surtout des feuilles, qui ont sans doute perdu une partie de leurs molécules actives. Cela arrive si le séchage n’a pas été optimal. Par exemple, si les feuilles sont restées trop longtemps dans un endroit humide ou ont été séchées trop lentement, elles finissent par perdre leur capacité à fournir les précurseurs de l’indigo (ce sont ces colorants qui, après oxydation, donnent le bleu).
Le fait que les feuilles n’aient pas été coupées ou réduites en poudre peut éventuellement jouer sur la quantité de pigment récupérée, mais si elles contenaient encore leurs molécules actives, l’eau de macération aurait tout de même dû présenter des reflets bleus. Donc, selon moi, ce n’est pas la cause principale.
Petite question que je me permets de poser : avez-vous bien respecté la température de l’eau tiède ? L’eau ne doit pas être trop chaude (au-delà de 60 °C, les enzymes sont détruites). Une macération trop chaude ou trop longue peut également donner une couleur jaune-orangée sans pigments exploitables.
Vous pouvez aussi vérifier le pH de votre bain : il doit être légèrement basique pour favoriser la précipitation (idéalement autour de 9–10).
Voilà ce que je peux vous donner comme explications pour le moment.
En attendant de mettre ma propre vidéo en ligne, je vous partage une série de vidéos de Michel Garcia, qui montre bien les étapes pour obtenir les pigments d’indigo. Peut-être que cela vous aidera à identifier s’il y a eu une erreur à un moment dans votre processus de fabrication d’indigo :
https://www.youtube.com/playlist?list=PL1IPup3f1dq4jpzktdwWNFkhIPcIt4igr
Je vous souhaite bon courage dans vos expérimentations, je suis sûr que vous allez y arriver !
Bonjour Julien,
Merci pour votre réponse et vos explications 😊
Concernant les feuilles, je les ai achetées déjà sèchées. Elles présentent des reflets bleutés.
J’ai bien fait attention de respecter la température du bain (45°) et la première fois, j’ai laissé macérer 1 nuit. La deuxième fois, 2h30. Mais effectivement je ne connais pas le PH de l’eau que j’ai utilisé (eau du robinet).
Merci pour le lien vidéo, je vais regarder attentivement et retenter en testant le PH de mon eau.
Je ne désespére pas de réussir à créer mes pigments indigo 🙂 je suis têtue 🙃
Bonne continuation également dans vos expérimentations et merci encore de partager vos connaissances!