

Principalement actifs au Moyen Âge, ces derniers consacraient une partie de leur vie à l’art de l’enluminure c’est-à-dire la décoration et l’illustration des manuscrits, essentiellement des textes sacrés et anciens.
Ils travaillaient dans des ateliers spéciaux au sein des monastères appelés scriptorium, des salles dédiées à la copie et à l’ornementation des textes. Leur travail était considéré comme un acte de dévotion autant que comme une activité artistique : embellir la parole de Dieu était une façon de lui rendre gloire.
Leur art consistait donc à décorer les manuscrits avec des lettrines ornées, des miniatures (petites scènes illustrées), des bordures florales ou géométriques, et des fonds rehaussés à la feuille d’or ou d’argent, d’où le nom d’enluminure, du latin illuminare (éclairer, faire briller).
La détrempe et l’aquarelle sont deux techniques picturales à base d’eau, mais elles diffèrent sur plusieurs points essentiels.
Le liant est la différence fondamentale. Dans la détrempe, les pigments sont liés à l’aide d’un liant organique (dans cette recette il s’agit de gomme arabique mélangée à du blanc). L’aquarelle, elle, utilise la gomme arabique comme liant principal, sans ajout de blanc d’œuf, ce qui lui confère sa transparence caractéristique.
La transparence et l’opacité les distinguent radicalement. L’aquarelle est une technique essentiellement transparente : c’est le blanc du papier qui joue le rôle de lumière à travers les couches de couleur. La détrempe, en revanche, est une peinture opaque qui cache le support et permet de recouvrir les couches précédentes, comme une peinture à l’huile mais à séchage rapide.
Le support diffère également. L’aquarelle s’utilise presque exclusivement sur papier. La détrempe, elle, était traditionnellement appliquée sur des panneaux de bois préparés avec un enduit (le gesso), sur des murs, ou sur des parchemins dans le cas des enluminures.
La technique de travail s’en trouve aussi modifiée : à l’aquarelle, on travaille du clair vers le foncé en réservant les blancs. À la détrempe, on peut au contraire poser des tons clairs sur des tons foncés, ce qui offre une toute autre liberté de construction de l’image.


Prévoyez 24 h supplémentaires si vous devez préparer de la gomme arabique en grains ou en poudre.

Si vous n'en avez pas, vous pouvez utiliser le couteau à peindre.

Où une plaque de marbre

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Sachez que la détrempe est une technique assez exigeante, qui peut surprendre au début. Elle demande un peu de temps et de pratique pour être bien maîtrisée. Traditionnellement, elle s’utilise sur des supports préparés comme le bois ou le parchemin, mais vous pouvez tout à fait l’expérimenter sur du papier, de préférence du papier aquarelle.
Toutes les peintures sont principalement composées de pigments mélangés à un liant, et la détrempe médiévale ne fait pas exception. Ce liant permet à la peinture d’adhérer au support. Cette étape est donc essentielle, car elle déterminera en grande partie la qualité de votre détrempe.
Vos outils, bocaux et le flacon doivent être bien lavés pour éviter tout risque de moisissure ultérieure.
Si vous possédez déjà de la gomme arabique liquide, passez directement à l’étape suivante (nous allons l’améliorer !).
Par contre, si vous avez choisi de la gomme arabique en poudre ou sous forme de grains (ou cristaux), vous devez préparer votre eau gommée.



Avant d’assembler votre liant, assurez-vous que tous les ingrédients aient refroidi.
*Il faut savoir que la glycérine est un plastifiant qui va apporter de la souplesse à votre peinture mais c’est aussi retardateur de séchage. Faites attention de ne pas trop en ajouter sinon votre détrempe risque de ne pas sécher.

Vous pouvez le conserver pendant 15 jours au réfrigérateur. Au-delà, de la moisissure risque de se former à la surface.


En général je mélange 1 volume de pigment pour 1 volume de liant, mais cela peut varier suivant la nature du pigment.
Allez-y petit à petit. Si vous ajoutez trop peu de liant, il vous sera difficile d’obtenir une pâte homogène. Si vous en mettez trop, le mélange mettra plus de temps à sécher. Chaque pigment réagit différemment, ce sera à vous de déterminer la quantité nécessaire de liant à ajouter.

Si vous utilisez la molette, placez-la sur les pigments et le liant, puis effectuez des mouvements en forme de 8, en forçant un peu, pour bien les mélanger. Une sorte de pâte va se former. Ramenez-la au centre à l’aide du couteau à peindre. Recommencez ce processus plusieurs fois.
Si vous optez pour le couteau à peindre, écrasez les pigments et le liant jusqu’à l’obtention d’une pâte. Étalez-la en forçant un peu sur le couteau à peindre. Rassemblez-la au centre et écrasez-la de nouveau. Répétez ces gestes jusqu’à ce que le mélange soit bien homogène.
Continuez l’opération au moins jusqu’à ce que vous n’entendiez plus le pigment « grincer » sous la molette ou le couteau à peindre.
Certains pigments nécessitent plus de travail que d’autres. Plus vous passerez de temps sur cette étape, moins votre détrempe sera granuleuse.
Si le mélange commence à sécher durant ce processus, ajoutez un peu d’eau déminéralisée pour l’assouplir.

Humide, elle se conserve quelques jours au réfrigérateur, dans les petits bocaux.
Elle peut aussi être mise en godets (ou dans un autre récipient inoxydable) et laissée sécher pour la transformer en aquarelle solide. Vous n’aurez qu’à la réactiver avec un pinceau humide, exactement comme une aquarelle solide classique.

